dimanche 22 septembre 2013

Bellamy, retour à l'écriture poussif.

Le capitaine sans vaisseau Bellamy, Ezekiel de son petit nom, cherchait encore à faire un coup fumeux dans Tortuga, afin de retrouver un navire et de partir à la recherche de ce qui lui revenait de droit : le trésor d'Hornigold.

Las, mes chers lecteurs, vous vous rappellerez que ce « pauvre » Bellamy avait rencontré le Capitaine Barbossa, que dis-je, le pleutre à la jambe de bois et à la barbe aussi fournie que celle de feu le respecté Barbe Noire, qui au passage en avait une plus grosse paire que ledit capitaine à demi cul-de-jatte, et n'avait pas conclu d'affaire.

Sa malchance habituelle, ou son talent pour survivre aux coups les plus dangereux, avait encore frappé lorsqu'il rencontra un obscur Maure qui travaillait pour un consortium privé de langue anglaise. Ce jeune homme né d'une auguste ligné de voleur de femmes et de baiseurs de chèvres avait quelque peu commotionné Bellamy, en essayant ni plus ni moins que le poignarder. Pour preuve, le capitaine aux vaisseaux disparus marchait de son pas habituel, rapide et majestueux, fendant la foule à grand coup d'épaules si l'on ne ne se pressait pas de lui laisser passage, en tâtant une main où un bandage crasse suppurait des matières infectes, tirant entre le rouge sombre sanguinolent et le noir des cataplasmes de Madame Voodoo, sorcière aux charmes aussi désuets que capable dans les travaux de magie grise.

Bellamy maugréait donc contre l'injustice de ce monde où un honnête capitaine ne pouvait rien gagner si ce n'était en étant plus filou que les légendaires pirates et tout ce qui portait perruque poudré, et encore, s'il gagnait, c'était pour qu'une bande de rapiats vienne à lui arracher le moindre sol. Bellamy, pour un pirate, était quelqu'un de réservé dans le sens où il connaissait le mot économie, cela ne l'empêchait pas de dépenser son argent en vin et en belles femmes, mais c'était la seule concession qu'il faisait, préférant thésauriser pour les raisons que l'on sait, ne voulant pas faire de sa fille une jeune orpheline d'un père cyrosé. Quant aux femmes, Bellamy en avait chéri deux, et si de temps en temps il allait voir ailleurs, il n'était pas non plus un de ces jolis cœurs comme ce freluquet de Jack Sparrow, qui cherchait ce qu'elles se pâment toutes devant lui. De toute manière, vu sa gueule...Mais passons.

A ses côtés, égaux à eux mêmes, Gebedia et Bombata marchait au même pas que leur capitaine. Le grand nègre hésitait à rire, le vieillard lui préférait rester coi, il pourrait bien rire sous sa barbe plus tard, en buvant du rhum entre les seins d'une pouliche un peu grassouillette par exemple.

Cet équipage patibulaire arriva donc devant le Singe qui Fume, petite taverne du bord de plage qui devait son nom à son enseigne, un singe habillé de vert qui fumait un énorme brûle-gueule. En fait, c'était une plus une petite paillote qui résistait tant bien que mal aux assauts du vent les soirs de tempêtes, mais le rhum y était bon, et les grillades de poulet mariné étaient succulentes, et peu onéreuse pour des pirates en quête de liquidités. Une fois arrivée devant la porte, une simple planche de bois battante, Bellamy entra.

Alors que le soleil de midi tapait haut et fort dehors, l'intérieur enfumé de l'auberge pouvait passer pour presque frais, si ce n'était les odeurs de graillons et d'hommes en sueurs, grâce à un ingénieux système de store importés de Venise et aussi parce que le mure faisant face à la plage était largement ouvert sur les Caraïbes...Avantage non désagréable un jour où la maréchaussée descendait soit dit en passant.

Un coup d’œil au barman, un grand nègre, ex marron, au nez taillé la première fois où il avait été rattrapé, et nos trois compères purent s'asseoir à une bonne table, bottes dans le sable, sirotant un punch pas assez glacé mais relativement correct pour l'endroit. Gebedia matait ouvertement les fesses rebondies de la serveuse, une mulâtre au passé de putain qui ne se refusait pas de temps en temps à reprendre ses anciennes activités à titre gracieux, du moins, c'est ce qu'on racontait. Bombata lui, peu inquiet de nature, préférait attendre que son capitaine sorte quelque chose d'intelligent en dévorant des brochettes de poulets qui avait marinés dans un mélange de graisse, de citron et de liquide plus ou moins huilé, ce qui faisait reluire sa bouche et ses doigts comme un Ogre de feu Monsieur de Rabelais.

Dégoutté par ses hommes, dégoutté par lui même, Bellamy lui tâtait de sa main valide une chai nette où tous ceux qui le connaissaient savaient qu'étaient peint deux portraits, deux femme, l'une blonde aux yeux bleus, ange triste, l'autre brune aux yeux chocolats, espagnole à n'en pas douter.

A vrai dire, le capitaine était las. Si ce n'était ses exploits passés qui lui vaudrait le garrot s'il posait pied sur les terres du Roi dont l'empire ne voyait jamais le soleil se coucher, il aurait aimé pour l'heure prendre sa retraite. Il était jeune encore, mais il avait tout l'or qu'il voulait, caché quelque part sur une île abandonnée de Dieu et des hommes, et il pourrait se refaire une vie. Bien entendu, son visage tailladé et buriné était connu de tous, mais il y avait tant de terres vierges à explorer. Il était certain de pouvoir vivre heureux, et libre, quelque part, avec sa petite famille. N'était-ce pas ce qui était arrivé à Misson et sa petite colonie de Libertalia ? Oui, tout cela serait très simple, partir, et ne plus revenir.

Mais Bellamy était un homme d'une autre trempe, et puis, Doña Elvire ne voudrait pas de cette vie, habituée qu'elle était aux fastes de la cour. Bien sûr qu'elle aimait son pirate, mais de là à tout abandonner....Et puis, il fallait qu'ils pensent à leur petite fille, même s'il refaisait sa vie, les rumeurs couraient vites sur les sept mers.


Déprimé, rongeant son frein à la recherche d'un navire, Bellamy allait commander un verre de rhum lorsqu'il vit arriver un jeune marin qui semblait quelque peu perdu dans cette assemblée de voleur, ruffians et gens de cordes...

6 commentaires:

  1. Et oui de retour, j'espère que tu vas bien et que tout se passe bien pour toi =)

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  2. Je galère mais c'est super intéressant ! J'espère juste ne pas y laisser des plumes d'ici avril :p Et de ton côté, tout roule (et fait ronron petit patapon) ?

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  3. Bah ça va, j'entame un master rechercher à la Sorbonne en histoire militaire, on verra bien ce que ça donnera =)

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  4. ... En histoire militaire ! Bon dieu, ça doit être fucking intéressant, non ? Tu as des idées de sujet pour ton mémoire ? *_*

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  5. J'ai déjà un champ: la maladie, la blessure et la mort, et là mon mémoire portera certainement sur les prisonniers de guerre, guérir et soigner lorsqu'on est démuni.

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